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Mention et Wagner, 1837 Exceptionnel coffret…

Lot 125
80 000 - 100 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 281 250 €

Mention et Wagner, 1837 Exceptionnel coffret…

Mention et Wagner, 1837
Exceptionnel coffret royal

offert par marie-amelie de bourbon, derniere reine des français,
a sa filleule Marie-Amélie de Bachasson de Montalivet.

De forme rectangulaire, en vermeil, décoré d’une figure d’enfant assis dans une niche aux quatre angles - deux garçons jouant avec un collier de pierres précieuses et deux fillettes tenant un coffret à bijoux - et recouvert d’une riche ornementation d’émail et de nielle à motifs de cuirs découpés et de grotesques, enrichie sur toutes ses faces de panneaux de lapis-lazuli, de superbes camées, de perles, de pierres dures et de cabochons de pierres précieuses dans le style des œuvres des grands artistes italiens et français du XVIe siècle.

Illustre par sa provenance, précurseur par sa technique et novateur par son répertoire décoratif directement inspiré de la Renaissance, ce très beau coffret à bijoux témoigne avec une rare éloquence du prodigieux essor que connut l’orfèvrerie d’art française pendant les dix premières années du règne de Louis-Philippe Ier (1830-1848), et ceci grâce à l’association inventive de deux artistes, le bijoutier français, Augustin-Médard Mention, et l’orfèvre prussien, Charles-Louis Wagner.

Des réalisations spectaculaires qui, à l’image de notre coffret, eurent les faveurs de la famille du dernier roi des Français.

Argent doré, émail, nielle, lapis-lazuli, émail, camées, perles, cornaline, péridots…
H. 21,5 cm ; L. 26 cm ; larg. 19 cm
Poinçons : argent massif de titre Petite Garantie à 800/°°° (1819-1838) pour le bureau de garantie de Paris et de maître pour Mention et Wagner.
Poids : 5700 gr. (le coffret) et 7900 gr. avec l’écrin
Coffret de cuir rouge à filets or portant la marque MENTION WAGNER et poignées en laiton.
A l’intérieur : plis avec envoi écrit à l’encre noire par la reine Marie-Amélie : Pour ma chère petite filleule.
Provenance :
- Marie Amélie de Bachasson de Montalivet (1837-1899), épouse de François Gustave Adolphe Guyot de Villeneuve.
- Ses héritiers
Œuvres en rapport
Un second coffret fabriqué par Mention et Wagner, proche du nôtre par sa technique et son style, est actuellement le seul autre exemplaire connu, il est entré dans les collections d’une galerie d’art européenne.
Le musée du Louvre conserve deux aiguières et un bassin par Mention et Wagner (n° inv. OA 12119, OA 11972-11973).
Augustin-Médard Mention (1785-1849)
Bijoutier-joaillier
Il fit insculper son premier poinçon en 1810 et s’installa comme fabricant de bijoux, sa production consiste en boucles d’oreilles, colliers, épingles, bagues, bracelets, cadenas, pendeloques, clefs, cachets, en perles, corail, brillants, argent et or. Il proposa également la mise en œuvre des ordres de franc-maçonnerie et l’exportation de pierres fines. De 1829 à 1841, il s’associa avec l’orfèvre Charles Wagner pour exploiter un procédé de fabrication de nielle. Après cette date il continua d’exercer comme joaillier en pierres fines.
Charles-Louis Wagner (1799-1841)
Orfèvre
Fils du bijoutier berlinois Adam Wagner, il se forma auprès de son père et reçut le titre de citoyen et bijoutier en 1823, avec pour spécialité la tabatière. Il sembla assez vite lié à l’orfèvre Johann George Hassauer et à Peter Christian Wilhelm Beuth, fondateur de l’équivalent prussien de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale française. Beuth publie en 1825, dans le journal de cette société, un essai sur le nielle rappelant le procédé de Benvenuto Cellini, et c’est Hassauer, d’après son propre témoignage, qui lui recommanda le jeune Wagner, en 1827, pour ressusciter cette technique oubliée.
Les essais de Wagner furent rapidement couronnés de succès, comme le prouvent le cadre d’un ivoire exécuté pour Beuth et une coupe niellée dédiée à Maso Finiguerra, l’inventeur du nielle (Berlin, Kunstgewerbemuseum). Cependant une clientèle suffisamment fortunée faisait défaut à Berlin et Hassauer, qui avait étudié à Paris, conseilla à Wagner de s’y établir.
Mention & Wagner (1829-1841), précurseurs par leur technique et novateurs par leur style.
En 1829, l’orfèvre Charles-Louis Wagner s’associa avec le bijoutier parisien Augustin-Médard Mention, dont il épousa la belle-sœur en 1830. Il s’intitula alors joaillier du roi de Prusse, titre que portait effectivement son père depuis 1827. Leur société visait à l’exploitation d’un procédé mécanique de fabrication des nielles, pour lequel Wagner avait déposé un brevet d’invention à Paris en 1829. Mérimée fit un rapport très élogieux sur ces nielles en 1831 devant la société d’encouragement pour l’industrie nationale française qui lui décerna une médaille d’or en 1832. Le procédé consistait à utiliser des matrices d’acier pour estamper en creux le dessin dans lequel était coulé le nielle. Cette technique permettait une fabrication à prix modéré et elle était appliquée aux tabatières, boîtes de montre, couteaux, sabres, poignards, puis sur un mode moins industriel, à l’orfèvrerie d’art. Mention et Wagner firent insculper un poinçon le 30 novembre 1832 (M. & W., une aile au-dessus, une roue en-dessous) et fondèrent une nouvelle société en nom collectif, sous la raison société Mention et Wagner, toujours pour exploiter le procédé de fabrication des nielles, ainsi que d’ornements en haut relief, pour exercer le commerce des diamants, pierres et perles fines.
Le caractère précurseur de Wagner fut reconnu dès l’Exposition des produits de l’industrie de 1834 qui accorda une médaille d’or, à la Maison Mention et Wagner, pour ses coffrets à bijoux, coupes et armes recouverts de nielles et d’émaux aux couleurs flamboyantes, sur lesquels se mêlent perles, pierres dures et cabochons de pierres précieuses.
Dans le domaine des styles et des formes, Wagner puisa son inspiration dans le Moyen-Age et surtout dans la Renaissance, se démarquant des courants en vigueur à cette date en Prusse pour mieux saisir l’attente française vers une création historiciste, prônée par l’ornemaniste Chenavard.
En 1834, Wagner présenta une coupe dédiée aux arts sous François Ier, avec les figures niellées de Bernard Palissy, Jean Goujon et Benvenuto Cellini, et un coffret à bijoux néogothique, orné de femmes de lettres et d’héroïnes littéraires du Moyen-Age, sur des modèles du sculpteur Triqueti.
Le goût de Wagner pour l’innovation se confirma tout au long de sa courte carrière et lui permit d’imprimer à l’orfèvrerie un nouvel élan créateur. Outre la technique du nielle, Wagner restaura celles du repoussé et de l’émail. Il expérimenta un alliage de platine comme support à l’émail, pour lequel il déposa un brevet d’invention en juillet 1837. Ce procédé fut aussitôt appliqué à la confection de la reliure d’un livre d’heures, commandé par le duc d’Orléans. Cette reliure fut montrée à l’Exposition des produits de l’industrie de 1839, en même temps qu’un camée représentant la toilette de Psyché, monté en psyché, avec une monture en platine émaillé, et qu’un vase, acheté par le roi de Prusse.
Mention et Wagner bénéficièrent du soutien et des achats du roi Louis-Philippe et de sa famille, les Orléans. Wagner exécuta l’aiguière du baptême du comte de Paris (1841), petit-fils du souverain, mais également le calice offert à Luigi Della Fanteria, qui avait assisté la princesse Marie d’Orléans dans ses derniers moments (Pise, Museo dell’Opera del Duomo).
Le 29 avril 1841, la fabrique d’orfèvrerie niellée de Mention & Wagner fut vendue à l’orfèvre Frédéric-Jules Rudolphi (1808-1872), associé depuis quelques années à leurs travaux.
En septembre 1841, Wagner décéda brutalement lors d’un accident de chasse dans son château de La Saussaye
Bibliographie :
Anne Dion-TENENBAUM, conservateur général au département des Objets d’art du musée du Louvre, La collection du musée du Louvre, Orfèvrerie française du XIXe siècle, Somogy, Paris, 2011.
Marie-Amélie de Bachasson de Montalivet (1837-1899)
Filleule du roi Louis-Philippe et de la reine Marie-Amélie, il avait pour père, Camille Bachasson, comte de Montalivet, ministre et exécuteur testamentaire du roi des Français. En 1861, elle épousa du comte François Gustave Adolphe Guyot de Villeneuve (1825-1898), un diplomate et administrateur français. Secrétaire puis attaché d’ambassade, préfet de Seine-et-Marne puis de l’Aisne, il fut l'un des plus grands bibliophiles français de la seconde moitié du XIXe siècle et un ami intime du duc d’Aumale. Le couple eut trois fils : Camille (1862-1939), qui fut secrétaire d'ambassade et démissionnaire en 1886 pour protester contre le vote des lois d'exil frappant le comte de Paris. Membre du service d'honneur du prétendant au trône de France, il fut député rallié des Basses-Alpes ; Jean (1864-1909), officier breveté d'Etat-major, député de Neuilly, qui déclencha en 1904 l'« affaire des Fiches », puis François (1865-1936), officier de cavalerie.
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