MAURICE QUENTIN DE LA TOUR (1704-1788) Esquisse...

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MAURICE QUENTIN DE LA TOUR (1704-1788) Esquisse...

MAURICE QUENTIN DE LA TOUR (1704-1788)
Esquisse pour le célèbre portrait du Maréchal de Saxe
Pierre noire et pastel sur papier anciennement bleu, feuille probablement agrandie anciennement
H. 38 cm ; L. 30,5 cm
Très insolé, rousseurs, usures
Marques : au tampon au dos « N 68000 »
Porte une inscription sur le montage : « Premier essai du maréchal de Saxe par La Tour »
Provenance : vente anonyme, Paris, 6 mai 1909, n° 67 puis collection Marcel Bernheim (étiquette au dos)
Bibliographie : A. Besnard, La Tour, la vie et l'œuvre de l'artiste, Paris, 1928, n° 477.
Maurice-Quentin de La Tour connaissait bien le Maréchal de Saxe, dont il admirait la détermination, la fierté naturelle, le sens aigu de l'honneur, la loyauté aussi. Nul doute qu'il fut fasciné par la complexité, voire l'ambiguïté du caractère du personnage. Ses nombreux portraits en témoignent. Tous nous montrent le maréchal de Saxe de face. Le regard sûr, le menton volontaire, l'air impérieux trahissent la fougue autant que le courage qui habitaient celui qui fut l'un des plus brillants militaires de son temps, à la fois redouté et respecté, et qui chercha toujours à épargner le sang de ses soldats. En revanche, d'autres traits de la physionomie, la bouche sensuelle, l'expression équivoque laissent deviner le succès qu'il connut auprès des femmes. De toute évidence, La Tour a été fasciné par la double personnalité de son modèle et les étranges contradictions de son tempérament. A Saint-Quentin en particulier, à travers une préparation, qui est beaucoup plus élaborée qu'une simple ébauche, sans atteindre toutefois les dimensions du portrait fini, le maréchal de Saxe nous offre un séduisant visage aux traits réguliers, où un sourire esquissé vient tempérer le caractère autoritaire du port de la tête et des yeux d'un bleu profond qui nous fixent avec une rare intensité et, croirait-on, une pointe d'ironie. Au-dessus de sa cuirasse, une cravate noire nouée par-devant enserre le cou. Assurément, l'artiste a su saisir le héros dans la plénitude de sa gloire et traduire parfaitement l'énergie farouche, l'audace et l'intelligence du grand soldat qui fut aussi, dans l'intimité, un remarquable don Juan toujours assoiffé de nouvelles conquêtes et qui allait, d'ailleurs, transmettre à son arrière-petite-fille, George Sand, une large part de cet appel effréné vers les voluptés charnelles. Les fastueuses réceptions qu'il donna en son château de Chambord (où il mourut en 1750 usé par la vie des camps et par les plaisirs) sont, à ce titre, demeurées célèbres (cf. Alfred Leroy, op. cit., pp. 178 et suiv.). Une fois de plus, La Tour ne sacrifie pas à l'anecdote. Il campe avec sobriété et vérité un personnage qui avait en lui une grande part du héros germanique à l'allure digne et noble que ses origines aristocratiques ne faisaient que renforcer.
Maurice de Saxe (1696-1750), comte de la Raute puis comte de Saxe, est un militaire né en Saxe et décédé au château de Chambord. Il fut maréchal général des camps et armées du roi Louis XV. Maurice de Saxe était un fils adultérin de l'Électeur de Saxe et de la comtesse Aurore de Königsmarck, il fut légitimé par son père à l'âge de quinze ans. Dès l'âge de douze ans il commença à se battre et apprit l'art de la guerre sur les champs de bataille.
Il s'acheta un régiment en 1721 et entra définitivement au service de la France en 1733, lors de la guerre de la Succession de Pologne, contre son demi-frère Frédéric-Auguste II. Dix ans plus tard, pendant la guerre de la Succession d'Autriche, il s'illustra dans la prise de Prague où il gagna le titre de maréchal puis remporta la victoire décisive de Fontenoy, dans le Hainaut. Le 11 octobre 1746, sa victoire de Rocourt, près de Liège, chassa les Autrichiens des Pays-Bas. Le maréchal de Saxe ne perdit jamais une bataille et il se montra toujours fidèle au roi Louis XV malgré son lignage et de nombreuses sollicitations. En récompense des services rendus, il reçut le château de Chambord, où il s'adonna à une vie de plaisirs en galante compagnie, lui-même ayant oublié de se marier. L'une de ses maîtresses, la comédienne Marie Rinteau, lui donna une fille, Marie-Aurore de Saxe, grand-mère paternelle de George Sand. Le maréchal publia un ouvrage en 1732, « Mes Rêveries », qui résultait de ses conversations avec le chevalier de Folard, un des plus éminents théoriciens militaires de sa génération. Il affirma dans cet ouvrage sa méfiance à l'égard de la guerre de siège, très prisée au siècle précédent, déclarant lui préférait la bataille frontale, telle qu'elle était pratiquée par les légions romaines, du moins lorsqu'elle devenait nécessaire.
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