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Meubles et objets d'art
Vendredi 01 octobre 2010 à 14h00
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 Lettre autographe signée, adressée à l'écrivain et académicien Victor de Laprade. [Paris], lundi 23 décembre 1861 ; 5 pages in-8°. Publiée dans l'édition de la Correspondance, La Pléïade, page 197 à 200. Extraordinaire lettre de Baudelaire sur sa candidature à l'Académie française, et son oeuvre littéraire (dont Les Fleurs du mal). Je suis tellement ahuri et accablé d'affaires que je n'ai pas encore trouvé un instant pour vous dire, comme j'en eus tout d'abord l'intention, combien j'avais été affligé et offensé, en tant que poète, de la violence ministérielle qui a frappé tout récemment en vous un de nos meilleurs et de nos plus sérieux poètes. Je suis d'autant plus sincère en ceci que je sens que la rigueur en question va, par un phénomène de récurrence, frapper (aux yeux des gens superficiels) celui qu'on appellera votre dénonciateur. Et celui-là est un de mes plus vieux amis. Le ministre qui vous frappe le compromet. Et cependant la violence de la critique littéraire n'implique pas le désir formel de nuire. Il est innocent et puni à la fois. J'ai eu l'occasion, ces jours derniers, de causer de cette affaire avec MM. Patin et de Vigny [...] Nous ne nous accoutumerons jamais, en France, à considérer un professeur comme un domestique. Toute notre éducation nous le défend. [...] Vous ignorez peut-être que je me suis avisé de poser ma candidature à l'Académie, comme si je n'avais pas eu assez d'aventures douloureuses dans ma vie, déjà si compliquée, et comme si je n'avais pas subi déjà assez d'outrages. Ah ! Monsieur, quelle besogne que celle que je me suis mise sur les bras ! On m'a dit : « la plupart de ces messieurs vous ignorent et quelques uns malheureusement vous connaissent ». Si j'avais osé, j'aurais opté pour le fauteuil du père Lacordaire, parce que c'est un homme de religion et parce que c'est un Romantique ; mais on m'a dit que ma candidature était déjà un scandale bien suffisant sans y ajouter celui de vouloir succéder à un moine, alors j'ai refoulé mon admiration pour le père Lacordaire et j'ai fait semblant d'aspirer au fauteuil de Scribe. Chenavard a fait ce qu'il a pu pour me détourner de ma folie ; mais comme elle est commencée il faut y persévérer. Il m'a dit aussi que vous apparteniez à un parti (j'ignore quels sont les partis qui divisent la population du Parnasse, et dussé-je passer pour un niais, je ne veux pas m'en enquérir). Cependant je lui ai répondu que je croyais bien que vous étiez royaliste, et que malheureusement j'étais situé à l'antipode de votre idée, mais que j'usais rigoureusement du droit d'être absurde, et que, malgré l'obligation apparente pour tout républicain d'être athée, j'avais toujours été un fervent catholique, ce qui créait un rapport entre vous et moi, sans compter celui du rythme et de la rime. Alors mon ami Chenavard, je dois l'avouer, a éclaté de rire ; le philosophe, le subtil raisonneur n'avait jamais flairé le catholique sous Les Fleurs du mal. Toutefois en supposant que l'ouvrage soit diabolique, existe-t-il, pourrait-on dire, quelqu'un de plus catholique que le Diable ? [...] J'ai fait une grave sottise, et j'y persévère pour lui donner l'apparence d'une action sage. Réduit à parler de mes titres, je me présente avec les trois premiers volumes de ma traduction d'Edgar Poe ; le quatrième (sciences pures sous ce titre monstrueux Eureka) est sous presse ; - avec mes déplorables Fleurs du mal (peut-être n'avez-vous pas la dernière édition refondue et augmentée de trente-cinq morceaux nouveaux adaptés au cadre général. Je tâcherai de vous l'envoyer) ; - avec mon traité sur les Excitants (Paradis artificiels) qui m'a valu de M. Villemain cette énorme sottise débitée avec une solennité inqualifiable : « La Toxicologie, Monsieur n'est pas la Morale ! » Sans doute ; cela est trop clair ; mais n'est-il pas indispensable de parler Morale à propos des Toxiques ? - avec une quantité très considérable d'études sur les hommes de lettres de ce temps, les peintres, les statuaires, les graveurs, les musiciens, etc. Tout cela, je l'avoue n'est presque rien, surtout en comparaison de mes rêves. Pardonnez-moi, Monsieur, de vous écrire si longuement, mais je me soulage auprès de quelqu'un que je ne connais pas, et chez qui je devine quelque sympathie, de la fatigue que m'ont causé mes premières visites. En vérité, elles m'ont brisé les nerfs [...] Peut-être vais-je me sauver au bord de la mer après que je me serai fait sermonner ou injurier chez tous les académiciens que les convenances m'obligent à voir. [...] Je vous prie donc d'agréer cette lettre comme équivalent à une visite officielle. [...] Je prépare un gros travail qui s'appellera Les Peintres philosophes, Les Peintres qui pensent, ou quelque chose d'approchant.
Adjugé 67500 €
BAUDELAIRE Charles [Paris, 1821 - id., 1867], écrivain et poète français.

Lettre autographe signée, adressée à l'écrivain et académicien Victor de Laprade. [Paris], lundi 23...

Nécessaire de campagne ovale en acajou à filets et garniture en laiton, orné d'un blason incrusté chiffré SC, il porte l'inscription « Biennais orfèvre du Premier Consul, r. St Honoré, n°119, Au singe violet ». IL est doté d'un miroir sous le couvercle ceint d'un cordon de feuilles d'eau et de deux plateaux en acajou garnis pour le premier de flacons, boîte à poudre, étui en argent, flacons à parfum et à huile en cristal, les bouchons en vermeil et de tire-bottes en métal ar­genté ; pour le second de divers ustensiles (rasoir, lime, couteaux pliants, brosse, pince et crochets doubles en écaille, ivoire et divers) ; et d'un bassin en argent uni gravé « Donné par le colonel Bonaparte le 17 floréal an 12 au Général Candras ». Il s'agit sans aucun doute du présent offert par Joseph Bonaparte lors de la passation de pouvoir entre les deux hommes à la tête du 4e régiment de ligne. Jacques-Lazare Savettier de Candras (Né en 1768) devient général de brigade le 13 avril 1804. Il participe aux batailles d'Austerlitz, Iéna, Eylau..., est commandant de la Poméranie sué­doise de 1808 à 1810 et est tué le 28 novembre 1812 au passage de la Bérézina quand la 3e brigade de 1500 suisses à la tête de laquelle il est, est assaillie par 10 000 soldats russes. Nous pouvons rapprocher notre nécessaire de celui en vermeil ayant appartenu à Napoléon Ier puis au Tsar Alexandre Ier, daté de 1806, conservé au Musée du Louvre. Paris, 1798-1809. Les pièces en argent par Louis Antoine DROUARD, Denis François FRANCKSON et Nicolas MAUDOUX. Poids des pièces en argent : 620 g OP Les nécessaires sont sans doute les oeuvres les plus connues de Biennais, qui révèle, dans l'agencement ingénieux du contenu, toute son habileté et sa dextérité de tabletier. La disposition des pièces dans le nécessaire est d'une grande ingéniosité. Comme souvent, leur répartition s'organise autour du bassin à barbe, avec la plus grande symétrie possible. Les alvéoles sont aux exactes mesures et profils des ustensils destinés à y être placés - il fallait, en effet, éviter les vibrations du voyage. L'esthétique n'est pas négligée, les pièces présentant un décor raffiné. Bibliographie : L'orfèvre de Napoléon ; Martin-Guillaume Biennais, catalogue de l'exposition du Musée du Louvre, 17 octobre 2003 - 19 janvier 2004, collection Les dossiers du Musée du Louvre, 2003.
Adjugé 79771 €

Nécessaire de campagne ovale en acajou à filets et garniture en laiton, orné d'un blason incrusté ch...

important miroir au mercure à parecloses à très riche décor de cuivre repoussé de pivoines, roses, feuilles d'acanthe et chiff re surmonté d'une couronne stylisée répété neuf fois. Fin XViie siècle. Haut. : 151,5 cm - Larg. : 103 cm CEFS
Adjugé 38045 €

important miroir au mercure à parecloses à très riche décor de cuivre repoussé de pivoines, roses, f...

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